Matt Mahlen

Je m’appelle Mimoune et j’ai peur de ma voix de mouches noires

Écopoétique

Proposition brute issue d’un atelier d’écriture avec Charlotte Bonnefon pour Clinique Gaïa/Hôtel Panique et une intervention à venir au Murmure du Monde 2026.

Je m’appelle Mimoune et j’ai peur de ma voix de mouches noires

Je m’appelle Mimoune.

Devant des heures à Gaïa, mes yeux au soleil et ma tête au vent, je me sens bien à ma fenêtre.

Moi Mimoune, je ne suis pas pareil ici au vent de la fenêtre. Mon ombre est derrière dans la chambre et là, à la fenêtre, je suis moi. Je garde. Je reste.

Dans le blanc de l’hôpital, illya il yama mavoix bastringueperdu nous chacun zigzague langue maréelourde noué fil l’ombre zinzinule tapit.

Ici à la fenêtre, la bouche par où vient la voix qui bourdonne. Tu comprends ?

Reste.

Tu peux pas entendre comme ça crie fait mal illya glue brune glousse il a il faut du vent et du soleil sur mes yeux à moi Mimoune sinon j’ai froid dans le blanc.

Mimoune les attrape, les accule, pas les entendre, que ça recommence comme des billes dispersées sautent par terre et crient dans le couloir ilya ya il elles vilaines ailes bec pris sifflent toutelatraine galettes noires, toutpartout de trous criblent la plage bulles boules semées milliards de l’Amoco Cadiz.

Capture pas les boulettes de mazout, pas les mouches même, Mimoune, mais la mauvaise voix.

collent seules pauvres il mains ililili ya marée noire huile silence avalé avant

Cognent dans ma caboche me tapent, les mots mouches noires O illi ma bouche pompent toutes langue de bidoche pondre des œufs blancs, mes dents, coquillages cassés, débris plastiques, sèches brunies de mazout.

Reste.

Dans la lumière du vent. Capturée, comme mouche, boule de gasoil, la voix noire.

Reste sinon ya illilanoire me tire glue piaille dans le lit blanc.