Mattang, barque de papier et de graphisme conduite par Léo Tanguy, respire la douce exigence, l’accueil généreux, la résistance au tohu bohu sociétal et aux jeux de coudes du milieu artistique.
Il y a beaucoup de blanc dans ces pages et celui-ci dit tellement, écarte le poème, fait voir entre nos mots plus loin que ce qu’ils disent. Nos textes semblent de petits murets de pierres sèches qui sont faits différemment en Irlande, au Liban ou en Provence ; qui sont comme des langues uniques alliées aux lieux.
Ce numéro accueille mon poème Horizons, il fraternise - entre autre et par exemple - avec Vertiges, Montagne, Yeuse, Prière ou Gravités.
Ce qui est étonnant dans ce projet, c’est la navigation, la marche lente d’un processus, son mystère aussi. Le thème vogue entre nous, Léo se saisit de ceci, le temps entraîne quelque chose, tout chemine dans l’invisible, l’attention se resserre. Et l’horizon s’ouvre, on est en face de vos textes comme d’entiers pays.
Cette revue me touche et la côtoyer affermit la patience et la confiance qui cherchent à se blottir dans mon coeur. Merci.




